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Nains Ternautes ( les )

« … ils errent à la surface du monde, parcourant le réseau inextricable de sentiers battus. Ils furètent de-ci de-là, à la recherche d’artefact singulier et atypique pouvant leur procurer une certaine forme de satisfaction. Et il arrive qu’au cours de leurs incessantes pérégrinations, ils dégotent, par hasard, un site qui retienne un tant soi peu leur attention.
Très souvent, le paysage accueille une bibliothèque, parfois un théâtre, d’autre fois une boutique ou bien encore un bordel.
Ils en font alors le tour, le scrutent, le dépouillent, le dissèquent …
Le gérant, derrière son comptoir, attend, la sueur au front, que le visiteur daigne bien baragouiner.
Le petit pèlerin, méticuleux, poursuit son observation puis sort sa plus belle plume, la trempe dans l’encre noire et, de ses plus beaux phylactères, remplit de commentaires un parchemin.
Parchemin qu’il laisse à l’artisan.
Alors, fébrilement, le tenancier parcoure le manuscrit et, selon que la phrase soit assassine ou conciliante, il améliore son affaire ou poursuit ses efforts.
Ainsi se passe le quotidien des administrateurs des échoppes.
Les Nains Ternautes donnent leur avis sur tout et sur rien et, parmi eux, il est des Ternautes plus prolifiques que les autres : les nains d-Arkus, Styx et Magui gri gri … »

Encyclopédia universalis

Le voleur


« … le brigand regarda partir le wagon au loin dans un ultime soulèvement de poussière. Brom était à l’intérieur du chariot et sa tentative de le détrousser avait lamentablement échoué.
Le pillard avait eu un rictus à l’idée de savoir que sa proie se jetait dans une impasse qui le mènerait sûrement à la mort.
Mais le rictus n’avait été que fugace.
Selon ses sources, Brom avait hérité de 20 000 pièces d’or. Et elles venaient de lui filer sous le nez.
Son visage fut sombre pendant qu’il rentrait dans son foyer.
D'autant plus que sa femme l’attendait …
Comme si être voleur chez les nains n’était déjà pas assez dur.
Oh bien sûr, il existait des nombreux nains détrousseurs mais ils dépouillaient les Hommes. Pas les Nains. C’était beaucoup plus commode.
Les Nains, eux, avaient la fâcheuse tendance à défendre bec et ongles leur pécule.
Et même plutôt hache que bec et ongles.
Il avait pourtant essayé de changer de cible mais sa femme n’avait pas voulu déménager afin de se rapprocher des villes humaines. Du coup il était resté dans sa mine. Avec elle.
Et sa belle-mère.
Et alors qu’il était à deux pas de chez lui, le visage déconfit, il entendit des nains se parlaient entre eux à propos d’une connaissance du meilleur ami de leur arrière petit cousin par alliance qui avait fait fortune. Approximativement 20 000 pièces d’or. Le pillard eut un rictus.
Tout n’était pas perdu … »
Livre I ap.8

Marchand ( le )

« … le marchand regarda la pioche qu’il tenait dans sa main. Il n’en croyait toujours pas ses yeux. Il avait réussi à entourlouper son client.
Oh bien sûr, il avait toujours plus ou moins réussi à arnaquer ses clients. Il était commerçant tout de même.
Et de surcroît nain.
Cependant c’était au terme de longues tractations où l’on pouvait entendre des « j’ai une famille nombreuse à nourrir », des « je me saigne à quatre veine » ou bien encore des « c’est la mort du petit commerce ».
Mais là …
Le client était arrivé avec une pioche qu’il voulait revendre.
Après avoir contemplé la pioche sous tous ses angles, le commerçant en avait proposait une pièce par automatisme. Il avait ensuite ajouté que c’était son dernier prix.
Il commençait ainsi toutes ces négociations pour berner le client. Ce dernier pensait dès lors réaliser une bonne affaire dès qu’il obtenait un meilleur prix.
Mais là …
Le client avait accepté. Même si il semblait chagriner de ne pouvoir en tirer beaucoup plus.
Et il repartit, penaud, une seule pièce dans sa main.
Pendant un moment, le boutiquier hésita à rappeler son client pour l’avertir et recommençait les pourparlers.
Et lorsqu’il s’apprêta à le faire, il s’aperçut qu’un client attendait à son comptoir.
Pour acquérir une pioche.
Le marchand regarda sa main, releva sa tête et dit de sa voix mielleuse :
- J’en ai une pour 30 sous ! … »
Livre I en.5.6

Belin, fils de Tuc

« … dès potron-minet, Belin se leva lentement de sa couche, clopina vers la grande salle et retira de son cou une cordelette sur lequel pendait une clef. Le cliquetis d’une serrure bien huilé se fit alors entendre. Il était comparable à une ceinture de chasteté que l’on déverrouille fébrilement et impatiemment. Surtout si c’est une fort jolie et avenante damoiselle.
Posément, Belin releva le couvercle du coffre et contempla son contenu étincelant, fruit d’un dur labeur quotidien dans les mines.
Le temps passa doucement, sans que rien ne bouge …
Mollement, il referma le rabat du caisson et la lumière chut dans la pièce.
Un nouveau cliquetis se fit entendre.
Une oreille experte aurait pu percevoir une légère différence avec le premier. Comme si le serrurier rechignait à fermer le verrou. Pareillement à une ceinture de chasteté.
Puis, paisiblement, Belin alla vers le mur opposé de la grande salle sur lequel reposé une pioche de bonne qualité mais déjà bien élimé. Il la regarda longuement, se remémorant les découvertes fructueuses de minerais flavescent et platiné.
Il leva lentement ses bras pour la saisir, une ultime fois avant de prendre sa retraite au crépuscule.
Demain, la pioche reviendrait à son indolent et oisif fils, Brom.
Ses mains se cramponnèrent délicatement sur le bois noueux et torsadé du manche. Il hissa l’outil de son support …
Et partit à la renverse sous le poids de l’instrument, se fracassant la caboche sur l’arête de la table.
Une bonne table en granite aux angles parfaitement à l’équerre …
Ce fut le dernier jour de Belin … »

Livre I. av.1

Ogrim


« … Ogrim courait pour échappait aux arkgnes.
Elles avaient envahi sa mine, comme de nombreuses autres. C’était un fléau.
Elles proliféraient, pullulaient et se répandaient dans toute les galeries ...
Le roi avait pourtant envoyé une troupe d’élite pour enrayer l’invasion.
Ce ne devait être qu’une formalité pour le Groupe d’Intervention Guerrier Nain.
Une troupe constitué de nains forts, robustes et sans peur sous le commandement du grand nain Porrt’koï. C’était le groupe de nains le plus prestigieux.
Enfin ça avait été.
Ils étaient maintenant tous morts. Les arkgnes les avaient dévorés pendant leur sommeil.
Ogrim, lui, avait le sommeil léger. Son grand âge n’y était pas étranger.
Il courait donc.
Et à toute vitesse. Autant que ses articulations lui permettaient. Il était presque sauvé lorsque son regard croisa une énorme pépite d’or. Son naturel Nain arriva au grand galop et dépassa son instinct de survie.
Il s’arrêta pour essayer de s’en emparer.
Les arkgnes en profitèrent et l’attaquèrent.
Dans un ultime effort, son instinct de survie rattrapa son naturel nain et le laissa sur place. Ogrim était parvenu à se refugier sur un promontoire hors de portée des arkgnes.
Promontoire sur lequel le G.I.G.N avait établi son camp de base.
Tout n’était pas perdu. Ogrim ouvrit la caisse et l’inspecta.
Rien que des haches de vingt kilos que ses vieux os ne pouvaient plus porter.
Pour la première fois de sa vie, il avait l’impression d’être nu. Une hache était comme une seconde peau pour un nain …
A vrai dire, ce n’était pas qu’une impression. Il était réellement nu.
Les arkgnes avait déchiré sa tunique en lambeaux … »
Livre I av.1

La pancarte

« … Gloïn donna un dernier coup de marteau, enfonçant encore un peu plus profondément l’écriteau. Il recula de quelque pas en arrière pour admirer son travail.
C’était une pancarte tout ce qu’il y avait de plus normale.
Trop même.
Il avait passé toute sa matinée à tenter de dessiner une arkgne pour finalement se rendre compte que c’était beaucoup plus ardu qu’il ne le pensait.
Ces lacunes en sciences naturelle et la gueule de bois y étaient sans doute pour quelque chose.
Après réflexion, il avait trouvé qu’un crâne était tout aussi évocateur. Il avait même rajouté quelques runes : DANGER. Au cas où.
Ce qui lui avait prit tout le reste de la journée.
Alors n’obtenir qu’une pancarte normale, ça le faisait pas. C’est ce qu’il pensait à ce moment là.
Il décida d’enjoliver son bout de bois. Un peu comme pour un bouquet floral où la fleur principale est mise en valeur par d’autres plus discrètes.
Gloïn regarda autour de lui. Son regard s’arrêta sur un tas de pierres.
Il y avait là du granite, de l’arkose, des cordiérites …
Gloïn sourit intérieurement.
Ces cailloux seraient parfait et compenserait la laideur du bois … »
Livre I av.1

Arkgnes ( les )

" ... elles arrivèrent nombreuses, en silence, depuis les noires et insondables profondeurs de la Mine. Elles interrompirent leur marche un instant, le temps d’habituer leurs yeux au doux rougeoiement des flammes qui éclairaient chaleureusement la caverne.
Au centre, des fiers et virils Nains buvaient à la gloire de leurs Dieux et en hommage aux Naines poilues, grassouillettes et bien pourvues. Surtout en hommage...
Alors, d’un seul tenant, elles surgirent des galeries se déversant sur le fier peuple de la Terre.
Et ce fut la débandade.
Les nains coururent en tout sens, certains se heurtèrent entre eux, d’autres s’arrêtèrent pour régurgiter le trop plein d'hydromel avant de repartir d’un pas plus léger et rectiligne pour finalement patiner sur les épanchements organiques qui tapissaient maintenant tout le sol, d’autres encore avaient l’esprit si embrumé par les émanations éthylique, que dans un esprit festif, ils allèrent à la rencontre des visiteuses impromptues … Ils furent une proie facile pour les assaillantes, qui, inexorablement, les tuèrent les uns après les autres.
Ce fut un massacre total.
Enfin pas tout à fait.
Dans un coin reculé de la grotte, Gloïn, qui s’était écarté pour soulager son incontinence, fut témoin de cette hécatombe. Il se carapata aussi silencieusement et promptement que lui permettaient ses jambes flageolantes…
Gloïn alerta dès que possible son Roi et lui tint à peu près ce langage :
Des ARKGNES nous dérouillent !
C’est ainsi qu’apparut la dénomination « arkgnes ».
Le sot !
Si il eut été moins grisé, et plus naturaliste, il eut pu discerner clairement que les créatures avaient plus à voir avec les fourmis-carnivores qu’avec les arachnides ... "

Livre I av.1

Légendes ...

Parce que le monde de Khöl n'est pas l'histoire d'un seul personnage mais celle de tous les peuples, créatures et monstres, voici les légendes du Monde de Khöl ...