" ... elles arrivèrent nombreuses, en silence, depuis les noires et insondables profondeurs de la Mine. Elles interrompirent leur marche un instant, le temps d’habituer leurs yeux au doux rougeoiement des flammes qui éclairaient chaleureusement la caverne.
Au centre, des fiers et virils Nains buvaient à la gloire de leurs Dieux et en hommage aux Naines poilues, grassouillettes et bien pourvues. Surtout en hommage...
Alors, d’un seul tenant, elles surgirent des galeries se déversant sur le fier peuple de la Terre.
Et ce fut la débandade.
Les nains coururent en tout sens, certains se heurtèrent entre eux, d’autres s’arrêtèrent pour régurgiter le trop plein d'hydromel avant de repartir d’un pas plus léger et rectiligne pour finalement patiner sur les épanchements organiques qui tapissaient maintenant tout le sol, d’autres encore avaient l’esprit si embrumé par les émanations éthylique, que dans un esprit festif, ils allèrent à la rencontre des visiteuses impromptues …
Ils furent une proie facile pour les assaillantes, qui, inexorablement, les tuèrent les uns après les autres.
Ce fut un massacre total.
Enfin pas tout à fait.
Dans un coin reculé de la grotte, Gloïn, qui s’était écarté pour soulager son incontinence, fut témoin de cette hécatombe. Il se carapata aussi silencieusement et promptement que lui permettaient ses jambes flageolantes…
Gloïn alerta dès que possible son Roi et lui tint à peu près ce langage :
Des ARKGNES nous dérouillent !
C’est ainsi qu’apparut la dénomination « arkgnes ».
Le sot !
Si il eut été moins grisé, et plus naturaliste, il eut pu discerner clairement que les créatures avaient plus à voir avec les fourmis-carnivores qu’avec les arachnides ... "
Livre I av.1
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« … Gloïn donna un dernier coup de marteau, enfonçant encore un peu plus profondément l’écriteau. Il recula de quelque pas en arrière pour admirer son travail.
C’était une pancarte tout ce qu’il y avait de plus normale.
Trop même.
Il avait passé toute sa matinée à tenter de dessiner une arkgne pour finalement se rendre compte que c’était beaucoup plus ardu qu’il ne le pensait.
Ces lacunes en sciences naturelle et la gueule de bois y étaient sans doute pour quelque chose.
Après réflexion, il avait trouvé qu’un crâne était tout aussi évocateur. Il avait même rajouté quelques runes : DANGER. Au cas où.
Ce qui lui avait prit tout le reste de la journée.
Alors n’obtenir qu’une pancarte normale, ça le faisait pas. C’est ce qu’il pensait à ce moment là.
Il décida d’enjoliver son bout de bois. Un peu comme pour un bouquet floral où la fleur principale est mise en valeur par d’autres plus discrètes.
Gloïn regarda autour de lui. Son regard s’arrêta sur un tas de pierres.
Il y avait là du granite, de l’arkose, des cordiérites …
Gloïn sourit intérieurement.
Ces cailloux seraient parfait et compenserait la laideur du bois … »
Livre I av.1
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« … Ogrim courait pour échappait aux arkgnes.
Elles avaient envahi sa mine, comme de nombreuses autres. C’était un fléau.
Elles proliféraient, pullulaient et se répandaient dans toute les galeries ...
Le roi avait pourtant envoyé une troupe d’élite pour enrayer l’invasion.
Ce ne devait être qu’une formalité pour le Groupe d’Intervention Guerrier Nain.
Une troupe constitué de nains forts, robustes et sans peur sous le commandement du grand nain Porrt’koï. C’était le groupe de nains le plus prestigieux.
Enfin ça avait été.
Ils étaient maintenant tous morts. Les arkgnes les avaient dévorés pendant leur sommeil.
Ogrim, lui, avait le sommeil léger. Son grand âge n’y était pas étranger.
Il courait donc.
Et à toute vitesse. Autant que ses articulations lui permettaient. Il était presque sauvé lorsque son regard croisa une énorme pépite d’or. Son naturel Nain arriva au grand galop et dépassa son instinct de survie.
Il s’arrêta pour essayer de s’en emparer.
Les arkgnes en profitèrent et l’attaquèrent.
Dans un ultime effort, son instinct de survie rattrapa son naturel nain et le laissa sur place. Ogrim était parvenu à se refugier sur un promontoire hors de portée des arkgnes.
Promontoire sur lequel le G.I.G.N avait établi son camp de base.
Tout n’était pas perdu. Ogrim ouvrit la caisse et l’inspecta.
Rien que des haches de vingt kilos que ses vieux os ne pouvaient plus porter.
Pour la première fois de sa vie, il avait l’impression d’être nu. Une hache était comme une seconde peau pour un nain …
A vrai dire, ce n’était pas qu’une impression. Il était réellement nu.
Les arkgnes avait déchiré sa tunique en lambeaux … »
Livre I av.1
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