Oh bien sûr, il avait toujours plus ou moins réussi à arnaquer ses clients. Il était commerçant tout de même.
Et de surcroît nain.
Cependant c’était au terme de longues tractations où l’on pouvait entendre des « j’ai une famille nombreuse à nourrir », des « je me saigne à quatre veine » ou bien encore des « c’est la mort du petit commerce ».
Mais là …
Le client était arrivé avec une pioche qu’il voulait revendre.
Après avoir contemplé la pioche sous tous ses angles, le commerçant en avait proposait une pièce par automatisme. Il avait ensuite ajouté que c’était son dernier prix.
Il commençait ainsi toutes ces négociations pour berner le client. Ce dernier pensait dès lors réaliser une bonne affaire dès qu’il obtenait un meilleur prix.
Mais là …
Le client avait accepté. Même si il semblait chagriner de ne pouvoir en tirer beaucoup plus.
Et il repartit, penaud, une seule pièce dans sa main.
Pendant un moment, le boutiquier hésita à rappeler son client pour l’avertir et recommençait les pourparlers.
Et lorsqu’il s’apprêta à le faire, il s’aperçut qu’un client attendait à son comptoir.
Pour acquérir une pioche.
Le marchand regarda sa main, releva sa tête et dit de sa voix mielleuse :
- J’en ai une pour 30 sous ! … »



